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Lors des dernières élections municipales pour élire le maire de Montréal, on a enregistré un taux de participation de 39.4%.

 

Pas même quatre personne sur dix se sont rendus aux urnes afin d’élire celui qui dirige la plus grande ville du Québec. Et cette situation n’est pas particulière à la métropole, partout au Québec on se désintéresse de la politique municipale, les enjeux sont moins  »glamour » que sur la scène nationale et internationale évidemment, la réfection d’aqueducs c’est moyen sexy. L’aberration, c’est que c’est lors d’élections municipales que notre vote a proportionnellement le plus de poids. C’est en politique municipale que l’on peut s’impliquer le plus facilement, en se rendant à nos conseils municipaux ou de quartiers, où l’on peut poser des question directement à nos élus sur ce qui advient de nos taxes. Parce que directement ou indirectement (via nos augmentations de loyers) on contribue aux caisses de nos villes et villages.

Combien d’entre-vous connaissent d’emblée le nom de leur représentant au conseil municipal? Combien d’entre-vous sont allé voter lors des dernières élections de leur ville? Mon point c’est, effectivement c’est une honte que les élus se laissent corrompre, mais on a tous une part de responsabilité là-dedans, parce que par notre apathie collective au sujet de la  »petite » politique, des affaires courantes, on donne le champ libre à nos élus qui n’ont pas peur d’être réprimandé, ni d’être tenus responsables de leurs actes par les gens qu’ils représentent.

C’est une phrase de« mononcle» vieille comme le monde, mais si on ne s’occupe pas de politique (municipale) la politique (municipale) va s’occuper de nous.

 

Avant de juger si sévèrement Montréal et Laval, vous devriez peut-être aller faire un tour lors de la prochaine séance de votre conseil.

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Le lavoir

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De retour au lavoir avec la lie de l’humanité. Différence notable entre le lavoir de la haute et de la basse-ville; personne ne surveille celui en bas, ils se sont contentés de placer une petite feuille plastifiée qui mentionne qu’ils ne sont pas responsables si le linge est lavé, séché, dérobé ou oublié par leurs clients dans les appareils, et que les boîtes à monnaie sont vidées tous les jours. Sur les machines défectueuses quelqu’un a gravé  »DEFECT » à la clef, comme s’il n’y avait aucun espoir de réparation ou de remplacement pour celles-ci. À côté de la machine à snacks vide, un comptoir et trois chaises sont vissées devant une baie vitrée. Un vieil homme y est installé depuis avant et après mon arrivée, il y est à chaque fois que je visite le lavoir. Il nettoie de temps en temps la buée qui se forme sur la vitre. Il est assis là à regarder les gens vivre, au chaud derrière une vitrine,  jetant un regard à son journal et prenant des gorgée dans sa canette de Milwaukee best dry. Je ne peux m’empêcher de l’envier un peu. Cet homme là sait vivre. Clairement personne ne l’attend à la maison et il n’appartient pas à un patron…

Calvert, encore partie pour une journée où je vais tout trouver beau.

La caissière est un ange

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ce matin pendant que mon lavage se faisait au chic lavoir sur St-Vallier ouest je me suis rendu à la pharmacie pour faire une pierre deux coups. En attendant mon tour à la caisse les bras chargé de trucs (en me disant comme chaque fois ‘ah j’aurais donc dû prendre un pti panier! ») mon lecteur mp3 tout à coup cesse de vivre pour me laisser assister quelques instants à la comédie humaine.

Une dame TRÈS âgée tente de faire son NIP et se trompe, une fois, deux fois, trois fois..la file s’allonge. Puis elle réussi mais se trompe dans le choix des boutons qui s’offrent à elle et annule l’opération au grand dam des clients dans la file. Elle semble de plus en plus nerveuse et désemparée. Pendant que je m’interroge sur l’étique des banques (et des caisses qui font semblant de ne pas être des banques) qui réduisent leurs heures d’ouverture et encouragent le paiement électronique au point de forcer une pauvre dame n’ayant visiblement pas les capacités de compréhension technologiques à utiliser leurs damnées cartes à puces, la caissière, qui elle n’a toujours pas perdu patience dit à la dame de lui chuchoter son NIP, elle va faire la transaction à sa place. Elle lui remet ensuite plein de papiers en encerclant au stylo le montant débité pour pas que la dame craintive et confuse pense en plus s’être fait avoir. La vieille dame s’en va très lentement et laisse sa place à une autre vieille dame qui pose un paquet de tylenols et un coupon rabais pour du café folgers sur le comptoir en se plaignant qu’il n’y en a plus et que la promotion se termine aujourd’hui et que c’est un scandale. La caissière toujours aussi affable et souriante lui demande si elle a regardé dans le coin gauche au fond car ils ont récemment déplacé le coin épicerie mais la dame ne l’entend pas, trop concentrée à faire ses doléances. La caissière, bien consciente que la file de clients impatients est encore plus longue que tout à l’heure sort de son comptoir et va chercher le café en spécial pour la dame, qui ne s’excuse même pas et part sans dire merci.

C’est enfin mon tour, mais ce qui semble être un assistant gérant qui a l’âge d’être le fils de la caissière au coeur d’or vient la voir pour la blâmer d’avoir quitté son comptoir alors qu’elle est seule à la caisse. Aucun respect de la part de ses supérieurs ou de ses clients alors qu’elle va au delà des tâches prescrites par un poste de caissière probablement au salaire minimum. Elle se tourne vers moi et je lui dis :  »Madame, vous êtes un ange ». Elle a un petit sourire en coin avant de me répondre :  »Avez-vous Air Miles? »

Eulogie pour Bernadette

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Je ne sais pas si je vous ai déjà parlé de Bernadette, mais si oui j’ai probablement employé le nom ‘’Bedette’’ c’était plus court et plus facile à dire lorsque j’étais petite, puis plus affectueux lorsque j’ai finalement été grande. Aujourd’hui tout l’univers devrait savoir qui est Bedette.
Si je reçois autant de compliments sur ma cuisine aujourd’hui c’est en grande partie grâce à elle, l’envie de cuisiner, et surtout de cuisiner bien et pour partager avec les autres elle me l’a donné en très bas âge, je peux la voir encore précisément avec ses robes-tubes colorées qui passe du frigo à l’ilot, en passant par le poêle et l’évier, ouvrant une armoire par-ci, fermant un tiroir par là, et en quelques instants des merveilles se posaient sur la table; des potages, des soupes, des confitures, le meilleur roastbeef que j’ait mangé, des oignons français maison (avec des oignons rouges parce que c’est meilleur) et des desserts..mon dieu ses desserts..
La particularité de tout ça c’est que Bedette est en fauteuil roulant, dans une maison où rien mais alors RIEN n’est conçu pour l’accommoder. Alors elle s’accommode toute seule et à l’aide de sa célèbre cuillère en bois, elle ouvre ses armoires trop hautes, allumait le four, fermait ses ronds, agrippait les bons machins aux bons endroits, c’est spectaculaire et franchement elle est plus agile avec sa cuillère que moi avec ma main droite! Jamais je n’ai perçu Bedette comme quelqu’un avec un handicap, d’abord elle –même ne prenait pas ça au sérieux et nous laissait faire des courses de chaises roulantes, puis elle est beaucoup plus fonctionnelle et travaillante que des gens avec toutes leurs aptitudes. Dans sa jeunesse elle prenait des pensionnaires chez elle et les nourrissaient, elle faisait a plupart de son ménage toute seule. Pour le reste il y avait Marius son frère, elle prenait soin de lui et lui prenait soin d’elle, l’une des meilleures collocations que dont j’ai pu être témoin.
Petite j’étais souvent chez elle pour un peu n’importe quelle raison (mais surement pour manger j’ai l’impression). L’été elle me faisait aider Marius dans le jardin et dans ses fleurs, les plus belles fleurs à St-Charles de Bellechasse. À ma fête elle me faisait toujours le même gâteau, à ma demande, un gâteau des anges avec une meringue à l’érable, et je l’ai demandé tellement souvent que même lorsque qu’elle le faisait dans une autre circonstance que ma fête c’est resté ‘’le gâteau de Mélanie’’. Ce n’est qu’un exemple parmi des centaines de choses que Bedette a fait toute ma vie pour me faire sentir aimée et spéciale, comme si elle savait depuis le début que je me sentais tout l’inverse.
J’adore les histoires douces-amères que raconte Bedette, son correspondant en ‘’Indochine’’ l’homme qu’elle n’a pas marié car ‘’il n’aura jamais pu la faire danser’’, et les regards entendus qu’elle me lance lorsque quelqu’un racontait des imbécilités. Elle a beaucoup de caractère, ça du bon comme du mauvais, un peu comme moi en fait. En tant qu’adolescente et qu’adulte elle m’a toujours fait sentir à part, dans le meilleur des sens du terme.
Je l’aime comme une grand-mère parce qu’elle me traite comme sa petite-fille et sa préférée de surcroît. Mais je ne vais pas la voir souvent, je me trouve toutes les excuses du monde mais le fait est que je ne prend pas le temps. Je l’appelle ponctuellement mais définitivement pas autant qu’elle le mérite. Elle collectionne les tasses en porcelaine alors quand j en ai vu une jolie chez l’antiquaire récemment je lui ai acheté, puis je n’ai pas encore prit le temps d’aller lui offrir.

Mais je n’aurai pas ce temps là. Jamais. Bedette est morte cette-nuit.

Get out of my kitchen!

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Lire les commentaires sur un site de recettes ou l’art de se fâcher seule devant son écran d’ordi: non seulement l’orthographe et la grammaire des commentaires est  »créative » mais le contenu est particulièrement riche :  »Pire recette; j’ai utilisé de la crème 15% au lieu de la 35% et la ganache ne tiens pas ». Si tu suis la recette pauvre poire la ganache va tenir et essayer de couper les matières grasses pour une recette de gâteau au chocolat, sérieusement? Au pire mange un fruit.  »Le temps de cuisson est trop long le gâteau a brûlé » ÉVIDEMMENT les fours ont TOUS le même âge et la même puissance et le fait que le temps de cuisson inscrit dans la recette soit 40 minutes t’INTERDIT de vérifier dans ton four à 35 minutes quand ça commence a sentir le brûlé dans ton appart?  »40 minutes de préparation, ça fait deux heures que je suis pognée dans la cuisine! » C’est parce que tu ne cuisines jamais et que tu ne sais pas faire de mise en place ni quelle étape prioriser. Soit tu cuisine plus, soit tu ne cuisine plus jamais mais arrête de faire chier Ricardo! Je voudrais que Gordon Ramsey vous hurle GET OUT OF MY KITCHEN YOU DONKEY !

L’entrevue de la semaine

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Aujourd’hui en entrevue: Recruteur:  »vous avez quel âge? »
Mel : »28 ans »
R: »êtes-vous mariée, combien d’enfants? »
M :  »euh ni un ni l’autre  »
R, s’esclaffant :  »hahha ben ça prend toujours une rebelle dans une famille! »

Je ressors de là un peu perplexe qu’être une fille de 28 ans sans copain ni bébé veuille dire  »rebelle » dans la tête d’un monsieur d’un certain âge. Je me demande sion aurait posé les mêmes questions à un homme de mon âge ou si on se contrecalisse de la situation matrimoniale des dudes en entrevue. Et si on avait poséla question à un individu de genre masculin, le fait d’être célibataire sans enfant aurait-il été perçu comme  »rebelle » ou simplement  »awesome bro »!

Heureusement les sifflement et commentaires disgracieux des gars de la construction sur Pierre-Bertrand m’ont rappelé que si j’en voulais vraiment une brioche au four, ce serait possible. Ça reste une question de choix. Rebel rebel.

Les grands mensonges du centre commercial:

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-Le  »one-size » : C’est toujours  »one-size sauf toé la grosse »
-La  »built in bra » (aka vêtement avec brassière intégrée): brassière intégrée si et seulement si tu as 11 ans et/ou porte du A
-la brassière  »strapless » de taille 42D : s’il vous plait, je vous en prie à 42D vous aurez beau me fournir des armatures en béton armé renforcé à la kryptonite,c’est les ‘strap’ qui tiennent le satané 42D! ce qui va tenir sans va tenir parce que j’ai encore la vingtaine, pas grâce à la-dite brassière!

*Mention spéciale à la vendeuse de dessous féminins pour avoir crié  »AIES PAS PEUR DE TE TOUCHER! » alors qu’elle était dans la cabine avec moi pour m’aider à l’ajustement. Elle a changé une situation inconfortable en hécatombe du malaise.